Introduction
Il n'existe à première vue, qu'une forme de morale:le respect des valeurs sous toutes ses formes.Selon qu'on adhère ou pas à ces valeurs on respecte ou non la morale.Cependant, la vérité n'est pas aussi simple.
Quelle est la différence fondamentale entre la morale pratique et la morale innée? Voilà la question que pose ici Locke. ( Variante: La conscience du bien et du mal est elle innée?)
Partie I
Pour Locke, la morale n'est pas innée.Les valeurs telles que la vérité, la justice, la fidélité, nous ont été inculquées. Elles n'existent pas dans la nature:elles sont le fruit de l'intelligence de l'homme. Pour lui, ces règles que nous respectons plus ou moins ont été créées pour nous permettre de vivre ensemble:c'est en effet vrai pour les lois qui protègent ou devraient protèger les libertés individuelles. Certaines règles, sont le fait de la loi, comme l'interdiction de voler, de tuer, de violenter. Mais les lois sont le fait des hommes. D'autres règles, nous sont inculquées dés notre plus jeune âge, soit pour nous permettre de mieux nous intégrer dans la société(lire, écrire, compter, la politesse), soit par conviction religieuse, par exemple.(fidélité, voire chasteté,solidarité, etc...) certaines donc, fort contestables, et là encore, du fait des hommes et non de la nature!
Partie II
Locke conteste l'opinion qui veut que, la morale est forcémment innée puisqu'elle "pénètre jusque dans les repaires des brigands".Cette opinion prétend que chacun à un sens inné du bien et du mal, et, pour le prouver prend en exemple des malfaiteurs qui font preuve de respect, et même de solidarité entre eux.Pour lui, les brigands en question n'ont d'autre choix s'ils veulent s'intègrer dans une communauté.Prenons par exemple, une organisation d'escrocs. S'ils veulent mener à bien leurs opérations frauduleuses, mieux vaut pour eux vivre en bonne entente. Ainsi,ils respecteront des règles entre eux.Mais on ne peut tout de même pas prétendre que c'est au nom d'une morale, d'une éthique quelconque qu'ils respecteront ces dites règles!
Partie III
Locke ne conteste pas que cette solidarité entre malfaiteurs existe, d'ailleurs, cet exemple ne lui sert qu'à démontrer que le sens moral n'est pas inné. On obéit par peur de la punition, ou du regard de l'autre.On agit de manière à sauver sa réputation. On s'oblige pour ne pas déplaire. On est bien loin ici de l'acte libre décrit par Bergson, celui qui est commis par le vrai"moi", perçant " La croûte épaisse du moi social"! La vraie conscience morale est celle qui nous fait agir par choix, et non par soumission.
Or, pour avoir le choix, encore faudrait-il qu'on nous laisse réfléchir par nous mêmes, qu'on cesse de nous formater dés l'enfance, qu'on en finisse de nous couler dans des moules créés sur mesure avant de nous étiqueter!
Conclusion
La conscience morale n'est pas innée, pour la simple raison que la conscience ne survient pas avant l'âge de trois ans,et parce que la morale a été inventée par les hommes, peut être pour se protèger d'eux mêmes? Quoiqu'il en soit, la théorie selon laquelle la conscience morale serait innée, puisqu'elle se manifesterait même chez les personnes 'immorales', est ici démontée de manière irréfutable par John Locke.