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Locke, Second traité du gouvernement civil : propriété et travail
Auteur : Locke • Date de publication : 01/07/2009 • 3693 vues

 
  Texte étudié (Tout afficher) :

Celui qui se nourrit des glands qu'il a ramassés sous un chêne, ou des pommes qu'il a cueillies aux arbres d'un bois, se les est certainement appropriés. Personne ne peut nier que ces aliments soient à lui. Je demande donc : Quand est-ce que ces choses commencent à être à lui ? Lorsqu'il les a digérées, ou lorsqu'il les a mangées, ou lorsqu'il les a fait bouillir, ou lorsqu'il les a rapportées chez lui, ou lorsqu'il les a ramassées ? Il est clair que si le fait, qui vient le premier, de les avoir cueillies ne les(...)

Locke, Second traité du gouvernement civil

 
 

  

 

Annale bac 2006, Série L - France métropolitaine

 

Analyse


Ce texte qui pose le problème de la propriété. Il ne présente pas de difficultés majeures : comme toujours l'important est de savoir bien lire et n'oublier aucun élément (chaque phrase compte, voire chaque mot compte).

Cet extrait présente le cheminement de Locke sur la propriété. Il fallait donc le reprendre en évitant toutefois de sauter des étapes et développer ses conclusions avant d'expliquer sa démonstration.

Locke s'appuie ici sur l'exemple du gland d'un arbre. il s'agit bien sûr d'une illustration et rien ne vous empêche de dépasser cette image pour mieux faire apparaître la réflexion de Locke.

Remarque: vous pouviez utiliser vos connaissances en sachant que Locke est un empiriste est qu'à ce titre il refuse de croire en un ordre rationnel pré-établi. Cependant il ne faut pas non plus se détacher du texte.

Commentaire possible


I. La naissance de l'idée de propriété

L'idée de départ est simple: savoir d'où vient l'idée de propriété. Pour cela Locke se place dans le contexte de la nature. Il fait ainsi l'hypothèse d'un lieu sans droit, et donc où naît un jour le droit. En fait dès lors qu'un homme s'approprie un fruit de la nature, ce même fruit devient de fait sa propriété. Mais il y a une limite qui s'impose tout de suite: le droit des autres. En prenant un fruit l'homme se donne le droit d'en faire ce qu'il veut, de le faire sien.

II. Le travail fonde la propriété

Ayant posé le problème, Locke y apporte sa réponse qu'il faut savoir restituer sans faire de périphrases ou en restant évasif. Il ne faut pas avoir peur des mots, mais bien les peser avant de les utiliser. Il pose ainsi le travail comme fondement de le propriété. Notez bien les questions de départ, et comment elles évoluent "Lorsqu'il les a digérées, ou lorsqu'il les a mangées, ou lorsqu'il les a fait bouillir, ou lorsqu'il les a rapportées chez lui, ou lorsqu'il les a ramassées ?" Elles vont dans le sens d'un processus de transformation, jusqu'à la dernière question, qui constitue pour lui la bonne piste : dès lors que l'homme produit il détient.

III. Distinction entre possession et droit de posséder

Locke indique ainsi ce qui pour lui fonde le droit. C'est ici que l'on pouvait se servir de ses connaissances en se remémorant l'idée de droit commun selon Rousseau. Locke et Rousseau sont très faciles à opposer, puisque Rousseau a directement critiqué les idées de Locke. Or le texte fait mention d'un droit de la société dans son ensemble. Locke reprend son exemple pour se demander si quelque part le vrai droit ne serait pas d'établir un règlement commun avant tout gestes. Locke en conclut que c'est impossible (il ironise même en imaginant les hommes se laissant mourir suite à leur volonté d'être parfaitement justes).

En élargissant ainsi les perspectives qu'ouvre le texte, vous pouviez vous assurer une bonne note.

 

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