«L'homme est obscur à lui-même, cela est à savoir. Seulement, il faut éviter ici plusieurs erreurs que fondent le terme d'inconscient. La plus grave de ces erreurs est de croire que l'inconscient est un autre moi; un Moi qui a ses préjugés, ses passions, et ses ruses, une sorte de mauvais ange, diabolique conseiller. On a peur de son inconscient, là se trouve la faute capitale; un autre Moi qui me conduit qui me connaît et que je connais mal. On s'amuse à faire le fou. Tel est ce jeu dangereux. On voit que toute l'erreur consi
(...)ste ici à gonfler un terme technique. Au contraire, vertu, c'est se dépouiller de cette vie prétendue. Il faut comprendre qu'il n'y a point de pensée en nous sinon par l'unique sujet Je. Il ne faut point se dire qu'en rêvant on se met à penser. Il faut savoir que la pensée est volontaire; tel est le principe des remords: "tu l'as bien voulu!" [...] En somme il n'y a pas d'inconvénient à employer couramment le terme d'inconscient. Mais si on le grossit, alors commence l'erreur; et bien pis, c'est une faute.»