«L'adversité, la douleur, et l'indigence sont de grandes tentations d'enfreindre son devoir; l'aisance, la force, la santé et la prospérité en général, qui s'opposent à cette influence, peuvent donc aussi, semble-t-il, être regardées comme des fins qui sont en même temps des devoirs, à savoir celui de travailler à son propre bonheur et non pas seulement de s'appliquer à celui d'autrui. Mais alors ce n'est pas le bonheur qui est la fin mais la moralité du sujet, le bonheur n'étant que le
(...) moyen légitime d'écarter de lui les obstacles; ainsi personne n'a-t-il le droit d'exiger de moi le sacrifice de mes fins lorsqu'elles ne sont pas immorales. Chercher l'aisance pour elle-même n'est pas directement un devoir mais ce peut bien en être un indirectement, à savoir celui de détourner de soi la misère comme étant une grande tentation de vice. Cependant, ce n'est alors pas mon bonheur mais ma moralité dont j'ai comme fin et à la fois comme devoir de conserver l'intégrité.»