Etrange expression que celle de ''vivant''. Nous employons plus volontiers le terme de ''vie'' pour désigner un type d'être particulier, qui ne soit pas réductible à la matière inerte, d'une part ; mais qui ne soit pas non plus d'une nature spirituelle, au sens où l'homme l'est. Le végétal, l'animal sont des ''vivants''. Tandis qu'une étoile ou un atome appartiennent seulement au premier ordre, celui de la matière (même si l'on peut parler métaphoriquement de la ''vie'' d'une étoile, ce n'est qu'une image).
Finalement, il y aurait trois ordres : la matière, la vie (la matière animée, le vivant), et l'esprit (la matière pensante, l'homme).
Ces trois ordres ont deux caractéristiques :
a)
L'ordre supérieur n'existe qu'à partir de l'ordre inférieur ; il en est un développement remarquable, spécifique. Il n'y a donc pas de vie sans matière, ni d'existence pensante sans vie. L'homme est un être matériel, vivant et pensant. Le chat un être matériel et vivant. La pierre un être matériel. Nous avons là un système d'inclusion. Le plus grand ensemble : la matière, qui englobe toute existence. Puis un ensemble inclus dans ce grand ensemble : la vie (végétaux, animaux). Enfin, un dernier ensemble inclus dans cet ensemble des êtres vivants : la pensée (l'homme).

Il est plus que probable que la vie existe hors de la Terre
b) Ces inclusions signifie qu'il y a une
rareté progressive des ordres. La vie est plus rare que la matière. Seule la Terre, dans notre système solaire, porte ce phénomène. Ni les températures infernales de Mercure, ni celles, glaciales, d'Uranus ne le permettent. Il faut des conditions particulières pour qu'il y ait émergence de la vie. On ignore le nombre de planètes qui portent la vie dans l'Univers. L'Univers est un incroyable système de possibilités : des milliards de galaxies formées de milliards et de milliards d'étoiles autour desquelles gravitent donc des milliards de planètes potentiellement capables de vie ; d'un autre côté, il faut des conditions particulières pour que la vie puisse apparaître sur de telles planètes. Toutes ne peuvent porter la vie, de même que seule la Terre, parmi les 9 planètes du Soleil, a les conditions idéales (distance par rapport au soleil, type d'atmosphère, type d'étoile, même, etc.). De ce rapport entre possibilités quasi-infinies de l'Univers et conditions stricts d'existence de la vie résultent les calculs les plus divers sur le nombre de planètes capables de vie : d'une (la nôtre) à des milliards de milliards. Les scientifiques, en général, posent qu'il est plus que probable que la vie existe hors de la Terre, les possibilités paraissant plus grandes que les restrictions. Dire cela n'est pas croire aux OVNI !
C'est une probabilité scientifique, que nous ne pouvons pas expérimenter compte tenu des distances surhumaines de l'Univers. Quoiqu'il en soit, nous sommes sûrs d'une chose : la vie n'est pas partout. Elle est plus rare que la matière. Et de même la conscience est plus rare que la vie. L'homme est d'ailleurs cette rareté. Ni les virus, ni les arbres, ni même les chats ni les chiens, ces êtres vivants, ne pensent à la manière de l'homme.
Il faut donc bien saisir ces rapports
Matière > Vie > Esprit (Ce qui renvoie aussi au cours sur la Matière et l'Esprit)
Si la vie n'est ni la matière, ni l'esprit, son ordre possède une large extension. Quoi de commun entre l'amibe, le tyrannosaure, la chauve-souris, la vache à lait et la fourmi ?
La vie semble ainsi un concept dont l'extension est immense et, en conséquence, la compréhension difficile à cerner. Cette diversité peut donner à l'homme le sentiment d'une créativité incroyable tout aussi bien que l'impression d'une étrangeté radicale (Pourquoi tant d'êtres différents, que sont ces monstres par exemple qui hantent les abysses océaniques, quel sens a leur existence ?). Cette ambiguïté, comme on va le voir, est de toute façon constitutive de notre rapport à la nature, dont la beauté n'a d'égal que la cruauté...
Le vivant : vitalisme, mécanicisme (partie 2)
Le vivant : la question de la finalité (partie 3)