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Le désir : ni besoin, ni pulsion (partie 1)
Date de publication : 06/04/2010 • 15500 vues


  

 

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On sait que les philosophes aiment à chercher une définition de l'homme qui nous permettrait de le distinguer des espèces simplement animales. On a pu définir l'homme comme un ''animal doué de logos'', c'est-à-dire douée d'une parole rationnelle (Aristote). Mais aussi comme un ''animal politique'', capable d'élaborer une société complexe et évolutive. Ou bien encore comme un ''animal capable de rire.'' Aussi bien peut-on définir l'homme comme un animal pétri de désirs. Si la philosophie classique insiste sur la rationalité humaine, constituant la dignité de l'espèce, il est évident que l'existence de l'homme est inséparable du désir. Nous désirons au moins autant que nous pensons. Peut-être plus encore, plus souvent que nous ne pensons réellement. S'ensuit la question des rapports entre le désir et la raison. Mais encore faut-il d'abord savoir ce que c'est, le désir.





On peut tenter de cerner le désir en le différenciant du besoin, d'une part, de la pulsion, de manière plus ambiguë, cependant, d'autre part. Les besoins renvoient à la nature biologique de l'être humain (cf. le vivant.) Il y a là un ensemble de nécessités naturelles : boire, manger, dormir. Celles-ci ne sont absolument pas différenciées ou singulières. Ces nécessités sont semblables pour tout individu de l'espèce. Les pulsions, quant à elles, relèvent de la théorie de l'inconscient, en particulier de celle de Freud (cf. l'inconscient). Ce sont des forces psychiques (comparables à de pures forces physiques) qui prendraient naissance au plus profond de notre psychisme et tenteraient de se réaliser. Une pulsion peut être meurtrière, sexuelle, sadique. A la pulsion, rappelons que s'oppose la censure qui refuse plus ou moins consciemment la pulsion. En résulte un rapport de force entre ce que Freud nomme le ''ça'' (le réservoir des pulsions) et le surmoi (censure). Une pulsion, en fonction de ce rapport, peut rester dans l'ombre ou au contraire se réaliser. Ainsi la pulsion n'est pas nécessairement consciente (on songera aux pulsions homosexuelles que l'individu peut nier, refuser ). On distinguera alors le désir de la pulsion, par ceci que le désir est conscient. Je sais que je désire. Je sais aussi ce qu'est l'objet de mon désir : cet aliment, ce corps, la présence de telle ou telle personne, etc. Néanmoins, il est évident que les pulsions animent, comme une force tellurique, souterraine, le grand jeu des désirs dont j'ai conscience. On ne peut donc séparer la question du désir de la question de l'inconscient.


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